VIVRE SANS NUCLEAIRE
Jeûne à durée indéterminée contre
la reprise du programme nucléaire civil à partir du 21 juin 2004.
Arreté au 36ième jour de Jeûne (26 juillet 2004) .
J36

Bilan Bar-le-Duc

 

Chers amis,

J’avais choisi de vivre cette action sur Bar le Duc et non à Bure, pour être au cœur de notre petite capitale meusienne : je pense que nous ne l’avons pas regretté : même si c’est moins fort symboliquement, nous avons contacté beaucoup de monde et réussi à créer une dynamique ici. Nous allons d’ailleurs pas mal « quadrillé » la ville : deux supermarchés, les quartiers de la ville haute et de la côte Ste Catherine, deux fois le marché, le parc de l’hôtel de ville et la place Reggio, le Conseil Général (2 fois) et la Préfecture, la fête à Culey, etc. Pour les types d’animation, nous avons bien profité de la fête de la musique. Nous y avons distribué des tracts et fait signer la pétition européenne (700 signatures ! ! !) en nous accompagnant de musiciens, de danseuses (le groupe Syllub), de saltimbanques (la troupe de Carpe Diem), de jeunes acteurs (les « Fabiengislain » avec elur regard aigu sur notre société). Danièle Charlemagne et moi sommes allés aussi témoigner de notre action auprès de deux classes de CM2 de l’école privée de Bar le Duc, en insistant sur nos motivations différentes. Nous avons joliment clôturé notre action par une présence incongrue au Conseil Général et par la distribution d’une motion à chaque conseiller. Il y a également eu les conférences. Mis à part la première, pendant laquelle le conférencier à brillé par son absence, les autres se sont très bien déroulées mais avec peu de monde sauf pour la dernière portant sur les énergies renouvelables par Yves Royer. Les autres conférences étaient : « La géologie de Bure » par André Mourot, « L’actualité de la non-violence » par Denis Crolotte, « Histoire et actualité du combat autour de Bure » par Nadine Schneider du CDR 55.

Portons un regard sur les personnes rencontrées : en discutant avec quelques uns, nous sommes tombés d’accord sur le fait que les personnes rencotrées les plus réceptives ont été les jeunes (de 17 à 35 ans) et les femmes. Les personnes les plus réticentes étaient par déduction les hommes d’un certain âge. Peu de personnes sont passées nous voir sur notre site à Marbeaumont, une vingtaine par jour en moyenne, mais ce qui n’est pas dérisoire puisque cela fait au total environ 200 visiteurs. Très peu de politiciens nous ont rendu visite hormis un conseiller régional Vert (Philippe Lemaire), une conseillère régionale PS (Nelly Jacquet), un conseiller général PS (Rolland Corrier), un député PS (François Dosé). D’autre part, l’évêque, outre une rencontre avec moi auparavant, a passé deux heures sur le site et le curé du lieu (Yves Gérard) m’a demandé de rédiger l’éditorial de la feuille paroissiale (1200 ex.) Isabelle Guillaume et d’autres sur internet ont assuré le lien avec le réseau et les autres jeûneurs. Quant à nous, les jeûneurs, nous avons dépassé le chiffre de 40 (grâce à l’apport de Carpe Diem !) dont une vingtaine de moins de 30 ans, ce qui est fort sympathique et encourageant. Parmi nous, 25 environ ont jeûné 24 heures, une douzaine deux à trois jours, et une huitaine de 4 à 10 jours (certains continuant de jeûner chez eux une fois rentrés !). Sur le site, l’ambiance a toujours été sympathique et de qualité. Il serait intéressant, pour une autre fois ( ! ! !) de réfléchir au rapport entre jeûneurs et non jeûneurs qui n’est pas forcément évident à vivre. Je remercie tout particulièrement les jeûneurs, qui ont « porté » psychologiquement (et spirituellement) notre action, de bout en bout. Que la presse soit aussi remerciée, elle sans qui notre action perdrait beaucoup de sa portée. Il y a tout de même eu 7 articles sur l’Est Républicain, une brève et un dossier sur FR3, sur Europe 2, sur Flash info, sur « Gué Moso » (radio locale vosgienne) mais aussi sur le journal de la Haute Marne. Et peut-être, le plus fort ne s’est pas vu, ne s’est pas dit (échanges entre nous, rencontres, amitiés, aventure intérieure du jeûne,...). On ne peut qu’être étonnés par exemple de la disproportion entre nos petits moyens et la résonance de notre action. N’y a-t-il pas là un travail de fourmi qui se fait et qui un jour portera ses fruits ? !

François Simonet

lundi 12 juillet 2004.