Ce jeûne pensé d’abord au niveau international arrivait en pleine courses aux armements, alors que les USA et l’URSS envisageait le déploiement de nouveaux missiles en Europe.
L’objectif du jeûne était de demander aux gouvernements un geste significatif en faveur du "gel de l’armement nucléaire".
Il y avait des jeûneurs aux USA (dont André Larivière), en France (dont Solange Fernex) et en Allemagne.
La date du début du jeûne avait été symboliquement choisie : la date anniversaire de la destruction par une bombe atomique d’Hiroshima.
L’annonce de ce jeûne s’est faite un an avant son commencement.
En France, il a été perçu au départ comme décalé car si en Allemagne et aux USA existait un fort mouvement pacifiste, en France, du fait que nous n’étions pas dans l’OTAN, il y avait une assez faible conscience de l’enjeu que représentait ces missiles de part et d’autre.
Pour de multiples raisons, des divergences sont apparues et des mouvements comme le MAN par exemple n’ont pas soutenu le mouvement. Le MAN estimait que les conditions pour réussir un jeûne n’étaient pas atteintes, en particulier un trop grand écart entre la possible dynamique militante sur le sujet et un objectif trop ambitieux. Le mouvement de l’Arche a laissé libre ses membres d’aider le mouvement mais n’a pas participé en tant que tel. Le PSU à l’époque a totalement refusé de soutenir.
Malgré cela, environ une soixantaine de groupes de soutien étaient en place au début du jeûne. Deux réunions préparatoires avaient permis de donner des consignes précises sur ce que devaient et ne devaient pas faire les groupes de soutien.
Dans les faits, le jeûne a duré 41 jours. A cette date, le jeûne a été arrêté sans pratiquement obtenir apparemment quoi que ce soit.
Les comités de soutien ont réussi à donner un côté positif à l’action en multipliant les actions médiatiques. De nombreux jeûnes tournant ont été mis en place, complétés par des journées symboliques, des actions de désobéissances civiles (plus de 350 arrestations à Paris après une action place de l’Etoile).
si ce jeûne n’a pas été un succès vis-à-vis de l’objectif annoncé, on peut quand même retenir que :
– Il a été à l’origine de la mise en place de la Maison de vigilance de Taverny où, chaque année depuis, un jeûne du 6 au 9 août est organisé.

Il a été l’occasion pour de très nombreuses personnes de se former à l’action non-violente et de s’engager ensuite dans des associations locales,

Indirectement, il a probablement été dans le sens de l’histoire puisque un an après, jour pour jour (le 6 août 1984), l’URSS annonçait un premier moratoire sur ses essais nucléaires.