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Que demandent les jeûneurs ?
Le titre de l’action est sans ambiguïté : vivre sans nucléaire.
En s’appuyant sur l’article de Jean-Marie Muller (Grêves de la faim et démocratie .), les jeûneurs ont choisi deux objectifs clairs, précis, limités et possibles.
Première revendication : pas de nouveau réacteur.
61 % des Français ne souhaitent pas de nouveaux réacteurs nucléaires (27 % y sont favorables). Le pourcentage de refus des nouveaux réacteurs est sans cesse croissant, et ceci d’autant plus que les autres pays européens ont tous arrêtés de construire des réacteurs (à l’exception de la Finlande).
Concrètement, les jeûneurs demandent que le conseil des ministres retire du projet de loi d’orientation sur l’énergie, prévue au débat parlementaire de l’automne 2004, toute ouverture possible pour la construction d’un nouveau réacteur, quel qu’il soit. Il demande que soit par contre prévu un plan d’accompagnement pour la reconversion industrielle d’Areva, avec seulement maintenu la maintenance de la gestion des déchets. Les députés doivent s’engager publiquement à s’opposer au vote de cette loi d’orientation sur l’énergie, si la possibilité d’un futur réacteur nucléaire, quel qu’il soit, est maintenu dans le projet.
Deuxième revendication : réorienter les crédits de recherche
90 % des Français souhaitent que l’on oriente la recherche dans le domaine de l’énergie dans le sens des énergies renouvelables (6 % sont pour le thermique, 4 % pour le nucléaire).
Concrètement, les jeûneurs demandent que les ministres prévoient dans le budget 2005, un profond remaniement des budgets de recherche avec une inversion des priorités. Dans le domaine nucléaire, seule la recherche sur l’avenir des déchets radioactifs et le démantèlement des réacteurs doit être maintenu. Il faut également prévoir des crédits pour la reconversion des chercheurs de ce domaine. Les crédits doivent être ventilés
• dans le domaine de l’efficacité énergétique, ce qui passe par une augmentation importante du budget d’organismes gouvernementaux comme l’ADEME (Agence de l’environnement pour la maîtrise de l’énergie),
• dans le domaine des énergies renouvelables, en accordant aux industriels qui le désirent les mêmes facilités que dans le nucléaire pour lancer la fabrication à grande échelle d’éoliennes et de photopiles, selon le même fonctionnement qu’en Espagne où 30 000 emplois ont été créés en seulement cinq ans.
• dans le domaine administratif, la loi d’orientation sur l’énergie doit prévoir de faciliter l’implantation des fermes éoliennes terrestres et en mer, alors que plusieurs centaines de projets sont actuellement bloqués du seul fait du blocage des administrations.
• le gouvernement doit mettre en place des commissions ouvertes aux acteurs des énergies renouvelables, et en particulier aux associations comme l’association Négawatt qui propose des plans d’économie d’énergie réaliste qui peuvent non seulement économiser l’énergie mais aussi diminuer rapidement la pollution et le réchauffement climatique.
Les députés doivent s’engager publiquement à s’opposer au vote du budget 2005, si ces éléments de reconversion vers un avenir sans nucléaire ne sont pas pris en compte.
Pertinence des revendications
Ces deux revendications n’ont rien d’extrême : elles ne font que demander à ce que la France soit au même niveau que les autres grandes puissances industrielles qui sont toutes en phase de reconversion industrielle pour celles qui ont misé, par erreur, sur le nucléaire.
Nos ministres et nos députés feraient bien, avant de nous répondre, de se renseigner auprès de leurs homologues dans les autres pays pour ce rendre compte de la pertinence de ces deux revendications.