VIVRE SANS NUCLEAIRE
Jeûne à durée indéterminée contre
la reprise du programme nucléaire civil à partir du 21 juin 2004.
Arreté au 36ième jour de Jeûne (26 juillet 2004) .
J36

Que peut faire un comité de soutien ?

 

Il n’y aura pas de matériel de soutien spécifique au jeûne, par contre un appel aux dons est lancé dès aujourd’hui. Par le site internet, il sera possible pour les groupes locaux de connaître les actions faites dans les autres lieux et de s’en inspirer pour mobiliser chez eux. Les groupes locaux doivent aussi inciter ceux qui ont une bonne habitude des actions non-violentes et qui en ont la disponibilité à venir à Paris à partir du vendredi 23 juillet. Il existe tout un ensemble de textes qui présente le jeûne, son histoire et qui répondent aux multiples questions liées à cette action. Ces textes sont disponibles sur internet et téléchargeables (www.vivresansnucleaire.org) Inscription en ligne Comité de Soutien (Ce document est téléchargeable en bas de page avec une fiche d’inscription.)

Donner une image positive
Avant, pendant et après le jeûne, il est important de sélectionner des actions positives pour que les images dans les médias soient positives. Et d’éviter le côté macabre de la chose qui n’est pas nécessaire tout au moins dans les premières semaines. Il est important de montrer que nous voulons un avenir radieux et non irradié, que nous sommes des gens à la recherche du bonheur et non d’une catastrophe, que les solutions de remplacement énergétique sont positives et non macabres. Que le nucléaire est un choix du passé, les renouvelables et la décroissance énergétique une vision de l’avenir. C’est important pour l’image qui passera de ces alternatives dans les médias, mais également pour les jeûneurs qui se sentiront particulièrement réjouis quand ils entendront parler de ces actions colorées et vigoureuses en soutien au jeûne. Les groupes locaux doivent aussi penser sans cesse à cette question d’image : le recours à la thématique des énergies renouvelables dans les actions peut avoir un effet plus positif que les têtes de mort antinucléaire. Il faut préférer des "soleils" souriants à des centrales grimaçantes.

Favoriser la réjouissance
Il reste vrai qu’un groupe de jeûneurs, surtout quand ça dure, ne projette pas une image très "joyeuse". Et on se dit que ce ne sont pas là les vibrations qui parlent aux jeunes ; qui eux ont envie de rythmique, de fantaisie, de rigolade, de débordements quelque peu intempestifs pour exprimer toute la force de leur vitalité. Mais tout cela demeure possible et souhaitable pour les non-jeûneurs en soutien aux jeûneurs ? Nous avons besoin d’une explosion de créativité exubérante pour appuyer — et justement contraster — le fait que les jeûneurs, eux, offrent leur faiblesse.
A titre d’exemple, en 1983, il s’est fait de nombreuses actions originales pour soutenir le jeûne pour la vie. Puisque ce jeûne préconisait le gel des armements, un groupe est ainsi allé déposer vingt-cinq frigos devant la maison de Charles Hernu, ministre de la guerre de l’époque pour le 25e jour. Deux alpinistes grimpèrent en plein jour sans être vus jusqu’au sommet du clocher de la cathédrale de Strasbourg pour aller y planter 13 torches (représentant les 13 jeûneurs) et une grande banderole "jeûne pour la vie". La nuit venue, on crut qu’il y avait le feu. La place s’emplit de
monde et les pompiers arrivèrent en trombe pour illuminer la banderole avec leurs gros projecteurs. En fait les seules limites sont les capacités à imaginer, inventer et réaliser ; car certains délires exigent beaucoup d’énergie pour se
concrétiser. Si certains souhaitent localement faire des chaînes de jeûnes tournants à durée limitée, il est nécessaire de maintenir un air gai. A l’inverse, on peut créer un pantagruélique et gastronomique festin sans nucléaire avec compteur Geiger à l’appui pour tester chaque dégustation avant de l’ingurgiter. Dans la manière d’aborder les actions de soutien, il faut également intégrer une progression, allant de la simple information à une contestation et des propositions plus dynamiques. Les actions doivent être un moment fort pour que chacun se forme aux méthodes d’actions non-violentes. Les plus enthousiastes pourront venir à Paris à la fin du jeûne pour mener les actions finales que nous espérons les plus significatives.

Des "repas de contestation"
En France, les repas sont particulièrement importants : c’est là que se crée la convivialité, c’est là que se retrouve la famille (lorsque la télévision ne détourne pas le regard). Depuis quelques années, se sont développés à la belle saison les "repas de quartiers". Comme il faut commencer par quelque chose, nous proposons que chaque comité de
soutien organise chaque vendredi soir un "repas de contestation" avec au minimum un pique-nique devant un lieu de pouvoir. Au départ, on peut prévoir que les gens ne seront pas toujours nombreux localement. Il fait donc profiter de ces repas pour débattre sur ce que l’on peut faire comme action, en gardant à l’esprit que cela doit donner une image
positive.

S’axer sur la question du nucléaire, pas du jeûne
Un piège à éviter dans la communication est celle qui consiste à répondre à des questions sur le jeûne, les jeûneurs, l’organisation… sans jamais parler de ce que demande les jeûneurs et les comités de soutien. Les actions non-violentes qui complètent les repas de contestation doivent donc porter sur des thèmes liés à la sortie du nucléaire. De
même, il ne faut pas hésiter lors des interviews avec des journalistes à leur rappeler que l’important ce n’est pas tant la question de la durée du jeûne, mais bien la coupure entre les élus et la population sur la question du nucléaire.

Avant le jeûne
• Les cartes postales d’Agir pour l’environnement (Campagne Contre L’EPR
)
sont disponibles depuis le 1er mars et peuvent servir pour animer des actions dans les rues. • Il existe de nombreux ouvrages disponibles auprès du réseau Sortir du nucléaire pour constituer un stand d’information sur la question du nucléaire.
• Vous pouvez organiser, des réunions publiques pour annoncer le jeûne, la constitution d’un comité de soutien, faire des communiqués de presse, des rencontres avec d’autres associations pour demander à ce qu’elles participent à l’action.
Informer les différents réseaux (médias, militants associatifs, politiques, religieux, professionnels, etc.) et inciter à mettre en place d’autres comités de soutien dans les communes voisines.
• Voir s’il est possible que des personnes prennent des disponibilités pour animer les actions locales (entre le 21 juin et le 18 août).
• Relire la documentation que vous pouvez avoir sur les actions non violentes. Si vous n’en avez pas, prendre contact avec les groupes non violents de votre région, éventuellement voir avec eux pour une formation à l’action non-violente d’une équipe d’animation. Relire le texte de Jean-Marie Muller (cf. site internet).
• Chercher qui connaît autour de vous une personnalité (il y en a évidemment partout en France), prendre contact avec elle et en cas d’accord avec notre campagne lui proposer de s’engager à plusieurs niveau :

-  son nom pour des appels à paraître pendant le jeûne (faire remonter l’adresse au réseau)

-  un chèque de soutien (ne pas avoir honte de demander de l’argent),

-  participer à une journée de jeûne.

-  l’inciter à parler du jeûne dans ses relations avec les médias.
lui demander d’autres contacts de personnalités.

Pendant le jeûne
Pour les groupes locaux, il est proposé au minimum une journée d’action décentralisée chaque vendredi autour d’un "repas de contestation". Au cours de ces repas, ils devront étudier comment faire des actions graduellement de plus en plus fortes d’une semaine sur l’autre : informations sur les possibilités de sortir du nucléaire, soiréesdébats, défilés de rue, poses de banderole, collecte de signatures, occupation de locaux…
Poursuivre les actions.
• Organiser chaque vendredi soir, un repas de protestation. Il s’agit, comme pour les repas de quartiers, de demander aux gens de venir chacun avec un plat salé, un plat sucré et de mettre en commun. Vue la période de l’année, les repas peuvent en général se faire sous forme de pique-nique, sans matériel spécial, ce qui est le plus léger à organiser. Mais on peut améliorer cela avec, par exemple, des nappes portant des slogans, des mises en scènes proposées par des artistes, etc. Au cours de ces repas, l’échange convivial doit porter sur l’actualité du jeûne, mais
aussi sur la graduation de la mobilisation. Plus la mobilisation se fera et plus on peut multiplier les initiatives. Progressivement les repas doivent se compléter par des actions non-violentes symboliques.
• Mener des actions non-violentes symboliques  : il n’y a pas d’autres limitations que le respect de la non-violence (convaincre et non combattre). Il s’agit localement d’interpeller les députés pour obtenir leur engagement sur les deux revendications des jeûneurs. Cela peut prendre la forme d’actions de rue pour informer les gens (un modèle de
tract et le logo de la campagne sont disponible sur le site). Ces actions doivent aller en croissant dans leur aspect spectaculaire, avec le temps qui passe, ce qui nécessite une bonne communication interne. Par internet, les groupes locaux doivent faire remonter ce qu’ils font pour que d’autres groupes locaux puissent à leur tour reprendre les meilleures idées d’action.
Trouver de l’argent. Important ! Des exemples d’actions antinucléaires (marches par exemple) montrent qu’un groupe (avec seulement 3 ou 4 personnes) peut collecter une belle somme sur un seul week-end. Pendant les repas de protestation, il est possible de demander à chacun une participation symbolique. Il est possible par exemple de
faire des "bons-repas" que l’on diffusent à ces moments-là. Cet argent doit être utilisé pour les actions locales, mais il faut aussi penser à en envoyer une partie à l’équipe de campagne (la moitié serait une bonne mesure).
• Repérer les personnes qui peuvent aller à Paris à partir du 23 juillet pour participer à une présence quotidienne vers le Sénat, Paris-plage....Il ne faut pas que cela déstabilise le groupe local qui doit continuer ses actions de plus en plus rapprochées avec le temps qui passe. Il faut des personnes calmes et résolues, ayant une bonne expérience de la nonviolence, car la vie dans la capitale peut être l’occasion d’actions spectaculaires.
Relayer les infos nationales du jeûne auprès des médias locaux. ceux-ci auront besoin d’un prétexte pour parler du jeûne. Chaque groupe doit donc prévoir des actions « photographiables » comme porte d’entrée dans les quotidiens régionaux. Ces actions peuvent inclure des conférences sur la sortie du nucléaire, des visites de personnalités...
Cherchez des actions positives, éviter le côté mortifère auquel peut faire penser le jeûne : on sera heureux quand on aura arrêté le nucléaire !
Archiver soigneusement les photos, articles de presse, vidéos, compte-rendus de personnes, courriers de sympathisants, adresses, etc. que le groupe local prendra le temps de mettre en ordre après le jeûne. Faire remonter en temps réel ce qui peut avoir de l’intérêt pour le national.

Une présence quotidienne à Paris
A partir de la semaine du vendredi 23 juillet (32e jour), mise en place à Paris d’une présence quotidienne, si possible sur le pont qui enjambe la Seine en face de l’Assemblée nationale et qui surplombe Paris-Plage, opération estivale de la mairie qui consiste à transformer l’autoberge en plage du 14 juillet au 15 août. A partir de ce point de présence,
distribution de tracts au public et mise au point d’action animé par le comité parisien après concertation avec l’équipe d’encadrement. Un appel international sera lancé parallèlement au jeûne dans les réseaux antinucléaires invitant les militants d’autres pays à participer à cette présence quotidienne. Cette action non-violente pourrait commencer pendant le jeûne (le 25 juillet) et se poursuivre au-delà, jusqu’au premier conseil des ministres de la rentrée (le 18 août).
Vendredi 6 août : anniversaire d’Hiroshima. Possible journée d’action finale, même au-delà de la fin du jeûne.
Lundi 9 août : anniversaire de Nagazaki. Pour la première fois, en 1945, du plutonium est utilisé comme explosif. C’est pour produire ce plutonium que l’on lancera les programmes nucléaires dits "civils" à la fin de la guerre.
Mercredi 18 août : conseil des ministres de la rentrée. Possible fin des actions.

Après le jeûne
• Si le camp se poursuit au-delà du jeûne, les animateurs locaux profiteront de l’annonce de l’arrêt du jeûne pour se payer quelques jours de vacances à Paris et venir profiter de la bonne ambiance de la capitale et de Paris-Plage. L’occasion d’attendre avec sérénité le retour des ministres pour le 18 août.
• Que nous soyons victorieux ou non, nous serons sans doute alors assez épuisés. Il faut quand même rester vigilant et assurer un minimum de suivi, en continuant à intervenir dans les débats publics, en se rattachant aux futures campagnes du Réseau et d’autres.
• Même si l’on obtient de belles promesses, ce ne seront que des promesses. Il faudra rester vigilant dans les mois et les années qui viennent pour éviter un retour de bâton.
• Même si ces promesses sont tenues, il nous faudra encore franchir un seuil : car là nous n’aurons au mieux qu’ouvert la porte vers un avenir sans nucléaire. Il restera encore à arrêter les réacteurs existants.

mardi 1er juin 2004.

Que peut faire un comité de soutien ?